Les gros CA cachent souvent des petites marges


Salut Reader,

La semaine dernière, je t’expliquais comment faire évoluer ton business model pour scaler intelligemment. Aujourd’hui, on prend le contre-pied pour interroger ensemble les injonctions toxiques à la croissance.

Une injonction toxique, c'est quand la société (LinkedIn, ton entourage, l'écosystème startup) te fait croire que tu DOIS faire quelque chose pour être légitime (ici, que tu DOIS grandir, embaucher, multiplier ton CA pour "réussir") Même si au fond, ça ne correspond ni à tes vrais objectifs, ni à ta définition du bonheur.

Cet e-mail est là pour te donner une vision complémentaires et qu'on aborde les mauvaises manières / raisons de scaler.

Je fais la différence entre scaler intelligemment vs scaler par injonction sociale.

J'en profite pour t'annoncer que les places pour la première session de mon Mastermind de Patronnes sont ouvertes. (attention, il reste seulement 3 places) .

2 jours pour faire grandir ton business sans sacrifier ta santé mentale


Les mauvaises raisons de scaler (ou pourquoi rester petit est un choix politique)

Les injonctions toxiques à la croissance sont partout

Sur LinkedIn, c’est un concours de celui qui annoncera le plus gros chiffre d’affaires : “Fière d’annoncer 2M€ de CA cette année !”, “De 0 à 500k€ en 18 mois”, “Comment j’ai multiplié mon CA par 5”. Chaque post devient une démonstration de force, où la taille du chiffre d’affaires = la valeur de l’entrepreneuse.

Dans l’écosystème startup, le narratif est encore plus violent : “scale or die”, “think big or go home”, “10x your business”. Les success stories médiatisées ne parlent que de licornes, de levées de fonds millionnaires, de croissance exponentielle.

Dans les formations business, on te vend la “machine à cash” : automatiser, systématiser, recruter, déléguer pour “sortir de ton business”. Comme si être présente dans son entreprise était un échec, comme si l’objectif ultime était de créer un monstre qui tourne sans toi.

Même tes proches s’y mettent : “Alors, tu embauches quand ?” “Tu ne veux pas lancer un autre produit ?” “tu pourrais faire plus grand !” L’idée qu’on puisse être heureuse et prospère à sa taille actuelle semble impensable.

Le modèle patriarcal derrière cette obsession

Cette course à la croissance reproduit exactement les codes de la masculinité toxique dans l’entrepreneuriat :

La logique de territoire : comme dans une guerre, il faut étendre son empire, conquérir de nouveaux marchés, dominer sa concurrence. Rester stable = être faible.

La compétition toxique : plutôt que de collaborer ou de se satisfaire de sa place, on entre dans une logique de “qui a la plus grosse”. Le business devient un pénis de substitution qu’il faut exhiber.

L’accumulation comme virilité : plus de clients, plus d’employés, plus de bureaux = plus de pouvoir. C’est la reproduction du modèle patriarcal où valeur = capacité à mobiliser et contrôler des ressources (humaines, financières, territoriales).

Le déni des coûts humains : comme dans le capitalisme patriarcal traditionnel, on ignore l’épuisement, le stress, la perte de sens. Seuls comptent les métriques “dures” (CA, croissance, parts de marché).

Résultat : on reproduit un modèle entrepreneurial conçu par et pour des hommes blancs privilégiés (et qui avaient des femmes à la maison pour gérer l’invisible)

Sauf que dans la vraie vie, grossir pour grossir mène souvent à :

  • une perte de qualité,
  • une perte d’engagement,
  • et une perte de liberté.

Alors dans cet e-mail, on s’interroge sur les modèles de croissance.

Le profit > la croissance (ou pourquoi les gros CA cachent souvent des petites marges)

La réalité brutale : faire plus de chiffre d’affaires ne veut pas dire faire plus d’argent. J’ai vu des boîtes à 1M€ de CA avec moins de marge qu’une entrepreneuse qui fait 200k€ bien optimisés.

Parce que la course au CA créé un cercle vicieux :

Plus de clients = plus de problèmes : Plus de SAV, plus de réclamations, plus de process à mettre en place. Tu passes de créatrice à pompière.

Plus d’équipe = plus de management : Embaucher pour scaler, c’est souvent perdre 50% de son temps en réunions, recrutements, formation, gestion RH. Tu deviens manager de ton business au lieu d’être dedans.

Plus de charges fixes = moins de flexibilité : Bureaux plus grands, salaires à payer chaque mois, outils plus chers. Résultat : tu es prisonnière de tes coûts. Impossible de lever le pied, de tester, de pivoter.

L’exemple concret qui m’a marquée : Marie qui est passée de 120k€ seule à 800k€ avec une équipe de 8 personnes.Finalement elle avait moins d’argent dans sa poche et deux fois plus de stress.

La réussite pour moi c’est business plus petit en apparence, mais qui génère plus de profit net et surtout plus de sérénité.

D’ailleurs, dans une étude du MIT de 2018, les entreprises focalisées sur le profit plutôt que sur le CA résistent mieux aux crises, car elles ont de vraies réserves de trésorerie.

Dire non est une stratégie de croissance (ou comment j’ai gagné plus en refusant plus)

Parfois on pense que dire oui à tout = croître plus vite. C’est l’inverse. Chaque “oui” est une dette cachée : plus de temps, plus d’énergie, plus de dilution de ton expertise.

Pendant trois ans, j’ai dit non à :

  • Lancer d’autres produits
  • Travailler avec certains profils de clientes (même si elles payaient bien)
  • Accepter des partenariats “prestigieux” mais chronophages
  • Développer des services connexes “parce que ça pourrait marcher”

Le bootcamp LinkedIn est devenu une référence absolue dans son domaine. Plutôt que d’être “la meuf qui fait plein de trucs”, je suis devenue “LA personne incontournable”

Avec les bénéfices concrets qui vont avec :

  • Bouche-à-oreille multiplié : mes clientes savent exactement ce que je fais et pour qui
  • Marge augmentée : expertise pointue = tarifs premium
  • Prospection réduite : on vient me chercher plutôt que l’inverse

L’exemple qui tue : James Clear (auteur d’Atomic Habits) aurait pu créer une grosse boîte de coaching avec 50 consultants. Au lieu de ça, il a dit non à tout sauf à l’écriture. Résultat il a créé un livre bestseller mondial et des revenus passifs conséquents, tout en gardant son temps libre.

Une étude Upwork de 2019 montre que les freelances qui choisissent leurs clients et refusent certains projets gagnent 40% de plus que ceux qui acceptent tout.

Dire non, ce n’est pas refuser la croissance. C’est protéger la qualité, ton énergie, et la valeur perçue de ton business. C’est choisir la profondeur plutôt que l’étendue, l’excellence plutôt que la quantité.

Le temps libre = la vraie richesse (ou comment j’ai reconquis ma liberté après avoir scalé)

Ma révélation de mars 2025 : Après avoir beaucoup grandi, développé mon bootcamp, multiplié mes revenus, j’ai réalisé que j’étais en train de reproduire le piège. J’avais du succès, mais je perdais ma liberté. Alors j’ai pris une décision radicale : couper ma boîte pendant 3 mois.

Le test ultime : En juin, j’ai clôturé la plus grande promotion de mon bootcamp. Et au lieu d’enchaîner sur la suivante comme une machine, j’ai tout arrêté. Trois mois de pause complète. Pas de ventes, pas de promotion, pas de clients.

Ce que j’ai fait de ces 3 mois :

  • Du temps de qualité avec mon fils (sans culpabiliser de “perdre” du business)
  • Me former dans des domaines qui me passionnent (pas forcément liés au business)
  • Des ateliers créatifs pour nourrir autre chose que l’entrepreneuriat
  • Retrouver ma famille sans avoir la tête dans le téléphone

La leçon fondamentale : Même quand tu as scalé, tu peux choisir de redevenir petit. J’ai gardé ma capacité à reprendre ma liberté, à ralentir, à dire stop. C’est ça, la vraie richesse : pouvoir grandir ET pouvoir rétrécir selon tes envies.

L’exemple inverse : Une entrepreneuse que je connais gère 15 salariés et fait 2M€ de CA. Elle n’a pas pris de vraies vacances depuis 4 ans, bosse 60h/semaine, et rêve secrètement de revenir à l’époque où elle était seule. Son “succès” l’a enfermée.

La science confirme : Une étude de Stanford de 2018 montre que la perception de contrôle sur son emploi du temps est un des plus grands prédicteurs de satisfaction et de bien-être. Il est même plus fort que le niveau de revenus.

L’effet “anti-fragile” (ou pourquoi être petit rend plus fort)

Pendant le Covid, j’ai vu des agences avec 30 salariés couler en 3 mois, pendant que les solopreneurs digitaux (coaches, formateurs, freelances) ont non seulement survécu, mais prospéré.

Pourquoi ? Parce qu’une structure légère est anti-fragile :

  • Pas de bureaux = pas de loyers fixes
  • Équipe réduite = flexibilité maximale
  • Coûts variables = adaptation rapide
  • Pas de hiérarchie = décisions instantanées

L’OCDE a confirmé qu’en 2021, les micro-entreprises digitales ont eu 3 fois moins de faillites que les PME traditionnelles pendant la pandémie. Les “petites” étaient en fait les plus résistantes.

La scalabilité est un outil, pas une destination

Ma vision c’est que la scalabilité doit servir TES objectifs, pas ceux de ta coach business ou des influenceurs LinkedIn.

Tu veux plus de temps ⇒ Scale ton temps.

Tu veux plus d’argent ⇒ Scale tes marges.

Tu veux plus d’impact ⇒ Scale ton message.

Mais ne scale jamais juste parce que “c’est ce qu’il faut faire”.

La vraie question ce n’est pas “comment scaler ?”, c’est “pourquoi scaler ? Pour quoi faire ? Et est-ce que ça correspond à MA définition de la réussite ?

Parce qu’un business à taille humaine, rentable, et libre vest 1000 fois mieux qu’un empire fragile qui t’épuise et reproduit les codes toxiques qu’on a fuit en nous lançant à notre compte.

Et si tu veux scaler… fais-le bien

Mais si tu es à un stade où scaler fait sens pour TOI (pas pour les autres), alors fais-le différemment. En gardant tes valeurs, ta liberté, et ta santé mentale.

C’est exactement ce dont je parle dans mon Mastermind Patronnes - Système Scaling. Parce qu’on peut grandir de manière consciente sans reproduire des injonctions toxiques. On peut structurer sans perdre son plaisir. On peut déléguer sans perdre en qualité et en autonomie.

Le MASTERMIND DES PATRONNES

2 jours pour apprendre à faire grandir un business au service de sa vie :

  • Crée un système qui tourne pour récupérer du temps
  • Structure ton business pour qu’il te serve (et pas l’inverse),
  • Délégue sans perdre ton expertise et ta qualité,

Il reste 3 places